Je suis un petit être qui chaque jour emporté par la vague d'une mondialisation non mondiale, d'une "occidentalisation" on va dire, tangue, boit des tasses, se raccroche à tout ce qui ressemble à sire Espoir, en se demandant à quand la noyade... Vous allez vite comprendre pourquoi!

A l'aurore, lorsque l'astre du jour trouve l'inclinaison parfaite et vient rechauffer ma lucarne de verre grelottante, je m'éveille avec des couleurs dans les yeux, des berceuses dans les oreilles et du désir dans le coeur.

Répondant à l'appel de la journée, sur deux pieds je me présente, je m'évade... je me perds.

J'ai vu une femme heureuse sortir de la salle d'accouchement! J'ai vu un couple entrer au tribunal pour un divorce! J'ai vu le prix du pétrole battre à nouveau des records! J'ai vu des hommes chétifs, des femmes maigres, des enfants "bien en peau" avec rien que des os! J'ai souri, j'ai tremblé, j'ai sangloté!

La terre n'est pas plate me suis-je rappelé, on ne tombera donc pas dans un grand vite. C'est rassurant! Avant les grandes pénuries et les bouleversements climatiques annoncés, on aura eu le temps de faire le tour de la boule ronde et de nous retrouver au point de départ. On repartira sur d'autres bases peut être.

''En attendant, que deviennent ceux qui se dépêchent pour nous ressembler, pour goûter avec juste raison, aux délices de l'industrialisation, du développement... Arriveront-ils suffisamment à temps pour qu'ensemble nous nous lavions avec les eaux des glaciers? ''

Non! Quelqu'un m'aura délivré de cet horrible cauchemar! Je sortirai du lit, dégoulinant de sueur et je verrai à travers ma fenêtre les dirigeants du G8 décider entre autres, que les surplus de productions agricoles ne seront plus détruits, mais distribués du Darfour au Sri Lanka, à Jakarta, partout où la faim tue et la malnutrition invalide.

Bouche bée, je regarderai la République mercantile s'évaporer constituant un voile dans lequel on lira : Vive la République solidaire humaine!