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lundi, 7 juillet 2008

L'opinion se prononce!

Entete journal l'opinion

L'opinion N°560 Du 02 au 08 juillet 2008

Température

Bonne

Zacharia TIEMTORE

Notre jeune ex-confrère (il a travaillé pour des médias de la place) vient de se distinguer en dédicaçant le 27 juin 2008, son ouvrage intitulé «Technologie de l’information et de la communication, éducation et post-développement en Afrique». Un ouvrage «fouillé» sur les TIC qui apporte de la terre à la terre. Un intellectuel précoce que TIEMTORE, son jeune âge (31 ans) ne l’empêchant pas d’avoir deux doctorats et d’enseigner dans deux universités. Bon vent confrère.

L'opinion.

mardi, 1 juillet 2008

TIC et espoirs de progrès au Burkina!

Zakaria_Tiemtore-dedicace.jpgZacharia Tiemtoré, Docteur en sciences de l’éducation, a procédé à la dédicace, le 27 juin 2008 à Ouagadougou, de son nouvel ouvrage intitulé Technologies de l’information et de la communication, éducation et post-développement en Afrique. Entre mythe de la technique et espoirs de progrès au Burkina Faso. L’ouvrage a été présenté en présence des ministres en charge de la Culture et de la Communication (parrain de la cérémonie de dédicace), des Transports, de la Fonction publique, de parents et amis.

De la présentation de l’ouvrage effectué par Sita Tarbagdo, journaliste de métier, on retiendra que l’auteur a articulé sa thématique autour d’une interrogation fondamentale : "Les TIC sont-elles un moyen pour les pays pauvres notamment africains, de rattraper leur retard en matière de développement, particulièrement dans le domaine de l’éducation ?". En guise de réflexion sur cette question d’intérêt et d’actualité, dira le présentateur, l’auteur de l’ouvrage ne s’est pas contenté de disserter au gré de son imagination et autres jugements de valeur. Il a bâti les fondations de l’ouvrage sur un travail de recherche mené avec méthode et rigueur, esprit critique et sans parti pris, a ajouté Sita Tarbagdo.

De l’Afrique dans son ensemble, comme champ d’études de départ, l’auteur en est arrivé, remarque-t-on, à circonscrire le Burkina Faso, comme cas assez intéressant et révélateur en rapport avec le thème motivé de l’ouvrage. D’où la réformulation de la problématique : "L’introduction des TIC dans l’éducation au Burkina Faso est-elle une panacée à même de faire rattraper le retard accusé par ce pays en matière de développement ?". Sous l’angle de cette reformulation, Zacharia Tiemtoré a d’abord axé son travail, sur l’état des lieux du champ d’étude qui met en détail les déterminants fondamentaux qui caractérisent l’environnement socio-économique du Burkina Faso : pays enclavé, fort taux de population rurale (environ 75%), très faible satisfaction des besoins essentiels, 45% de taux de scolarisation au primaire, 11% au secondaire, 2% au supérieur.

L’autre ressort sur lequel le travail s’est appuyé, c’est l’aperçu des différents courants, théories et conceptions multidisciplinaires en présence sur le terrain de la réflexion en rapport avec la question de l’intégration des TIC dans l’éducation. Sur ce plan, deux conceptions différentes se dégagent. Il y a d’un côté, ceux qui soutiennent que les TIC peuvent être intégrées dans le système scolaire actuel, sans trop porter de dommages au modèle classique de l’enseignement. D’autres pensent par contre, que les TIC sont à la base d’une transformation radicale, d’une véritable révolution dans le domaine éducatif entraînant une remise en cause du modèle classique de transmission du savoir. Et pour les défenseurs de cette conception, on en viendra au remplacement de l’homme par la machine. Dans une troisième partie, l’auteur s’interroge justement : "les TIC peuvent-elles se substituer à l’enseignant humain".

En guise de conclusion, l’auteur constate que les TIC peuvent se révéler une chance pour le Burkina Faso, en termes d’avancée prodigieuse de l’éducation. Mais l’un des dangers d’une immersion à outrance des TIC dans l’enseignement serait de croire que l’on peut confier à la machine la totalité du processus d’apprentissage ou de penser que les TIC dispenseront des apprenants de l’espace-classe et de l’espace-école, qui sont des lieux essentiels où les dimensions psychoaffectives de l’acte d’apprendre sont à prendre en compte. Autant donc œuvrer à une réelle appropriation de ces outils, sans perdre à l’esprit que réduire le processus d’apprendre à une démarche purement de logiciel est pour l’auteur de l’ouvrage une posture contestable.

En guise de témoignage sur le parcours de l’auteur, Me Gilbert Noël Ouédraogo, ministre des Transports dira que le jeune écrivain cultive trois qualités : la précocité, la performance et la qualité. Et d’ajouter que c’est ce type d’exemple que la jeunesse doit suivre, et que "nous devons accompagner". Pour sa part, le parrain Filippe Savadogo s’est félicité de la hauteur d’esprit de l’auteur. "Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne peut pas réfléchir intelligemment", a dit le ministre Savadogo, qui a encouragé les jeunes à suivre l’exemple de Zacharia Tiemtoré qui, à 31 à peine, est détenteur de deux doctorats.

Gabriel SAMA

Sidwaya

vendredi, 21 mars 2008

Entretien avec Etum à l'occasion de la parution de mon ouvrage!

Zacharia Tiemtoré vient de publier aux Editions L’Harmattan un ouvrage intitulé « Technologies de l’information et de la communication, éducation et post-développement en Afrique » Entre mythe de la technique et espoirs du progrès au Burkina Faso J’ai commencé la lecture de ce livre il y’a quelques jours, même s’il est d’abord le résultat d’un travail de recherche il est surtout l’expression d’un regard africain sur une problématique africaine. C’est la vision d’un sociologue sur le sauvetage de l’Afrique par la technologie. C’est un travail qui mérite d’être lu et partagé. J’ai demandé à Zacharia de répondre à quelques questions, voici ses réponses.

Bonjour est ce que vous pouvez vous présenter?

Bonjour, je suis Zacharia Tiemtoré et je crois appartenir à une jeunesse africaine qui entend désormais se définir à travers des compétences et des aspirations. En ce qui me concerne, je suis diplômé en sociologie et en sciences de l’éducation et j’ai des aptitudes avérées dans plusieurs domaines. Il s’agit entre autres de la communication, de l’ingénierie pédagogique, de l’ingénierie de projet et des technologies de l’éducation et de la formation.

Pourquoi avoir choisi d’écrire sur les NTIC et l’Education?

L’ouvrage que je viens de publier aux éditions l’Harmattan reprend une partie de mes travaux de doctorat et vise à contribuer à une meilleure connaissance des enjeux et exigences liés à l’intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’éducation en Afrique. Parti du constat que l’éducation est le fondement incontournable de tout changement, il m’a semblé intéressant dans un environnement marqué par le progrès des TIC, d’étudier et d’analyser concrètement ce qui se faisait dans le secteur éducatif pour tirer profit du potentiel de ces technologies. J’ai été conforté dans ma démarche par le discours ambiant sur les TIC qui les présente comme un levier de développement pour les pays défavorisés. J’ai donc voulu, à partir d’une étude précise, interroger le nouvel espoir de progrès lié aux TIC dans l’éducation.

Quelle serait votre méthode pour réduire la fracture numérique?

Je commencerai par investir dans l’alphabétisation et la formation de masse. Ceci, parce que je reste persuadé que le milieu, dans le sens large du terme (physique, socioculturel, politique et économique), conditionne l’implantation et le devenir de toute technologie. Si donc on n’agit pas de sorte à faire évoluer les contextes en termes de compétences et de capacités, il est à craindre que l’outil technologique ne réussisse pas à faire de miracles. A côté de l’effort de scolarisation générale, il est important de continuer à former des spécialistes des TIC, afin de concevoir et proposer des solutions techniques qui ne heurtent pas les spécificités sociales et culturelles des pays du sud. Le déchirement identitaire n’a jamais favorisé l’émancipation assumée des peuples. Il y a une troisième piste d’action pour aller vers la réduction du fossé numérique : celle de la production de contenus attrayants pour les populations du sud et africaines en particulier. Cela implique de réfléchir à exploiter davantage le multimédia et les langues locales, afin de prendre en compte l’oralité qui caractérise de nombreuses communautés en Afrique.

Pensez vous que les Africains doivent adapter les NTIC ou alors reprendre les modèles qui marchent ailleurs?

Les Africains doivent adapter des modèles qui marchent ailleurs, mais doivent surtout inventer et concevoir des modèles in situ, c’est-à-dire à partir des milieux naturels respectifs. Je suis convaincu par exemple que dans le domaine des technologies éducatives, l’importation n’est pas la meilleure solution. Il faut se saisir certes des outils qui existent, se les approprier et ensuite fonder des usages propres à partir de projets cohérents.

Un dernier mot?

Merci de m’avoir ouvert votre blog et de vous être intéressé à l’intégration des TIC dans l’éducation en Afrique. Je souhaite que nous soyons de plus en plus nombreux à y accorder de l’importance, afin qu’à travers des échanges féconds, nous tentons d’apporter des réponses appropriées aux multiples attentes de notre continent.

Interview réalisée par Etum et publiée sur Africa 2.0 (http://africa2point0.wordpress.com) 12 mars 2008

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